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CDL rencontre les auteurs
CDL rencontre les auteurs qui le souhaitent.

RETOUR sur la rencontre avec l’auteur Arnaud Hallet (Poèmes).
Le rendez vous a lieu à l’étage du Flore, où isolé des touristes archéolosartristes, je ne risque rien d’autre que de croiser Sonia, et d’où, bien installé sur ma banquette favorite, je peux entendre en toute indiscrétion les bavardages et commentaires de la caissière en chef et des serveurs. A noter que cet emplacement permet aussi d’évaluer l’importance de l’empreinte écologique des Floristes, au regard du nombre de passages et chasses d’eau tirées aux lieux d’aisance.
La silhouette d’un jeune échalas décharné qui s’avance vers moi vêtu de sombre, correspond à ce que j’aurais pu imaginer à partir de ses textes, si j’avais tenté de le faire. Des cheveux longs et bruns assortis à des yeux qui fuient parfois le regard, non par fausseté, mais sans doute afin de récupérer de l’assurance, comme on reprend son souffle en refaisant surface. Le sourire est franc et ouvert, la parole posée et claire.
En préambule, il me remet ses derniers poèmes, certains assortis d’images en noir et blanc, extraites de films comme « La belle personne » de C. Honoré. Après que je lui aie dressé un rapide tableau de notre joyeuse bande de drilles et de notre utopique quête, nous rentrons dans le vif de ses textes, en survolant l’exemple de reconstruction de B, mes commentaires, interrogations et autres avatars.
C’est ainsi que, chacun à notre tour, nous justifions, argumentons nos propos, éclairant alors parfois quelques incompréhensions. Quand je lui fais mention du conseil de notre présidente de larguer les amarres de la rime et de la métrique, il me réplique/explique son besoin (et sa satisfaction) à travailler sous la contrainte d’un cadre.
Tout en cheminant parmi ses mots, nous évoquons, tour à tour, ses études de cinéma, son désir d’intégrer la FEMIS et bien entendu ses affinités littéraires. En poesie il évoque Bonnefoy, Cocteau, moi Lorand Gaspar auquel certains passages des poésies du jeune homme m’ont parfois fait songer.
A propos d’un de ses textes en prose, fortement Modianesque, je m’aperçois (étonnante lacune, au regard de sa curiosité culturelle) qu’il n’a jamais entendu parler du diaphane Patrick. Cela ne l’empêche pourtant pas d’évoquer Julien Gracq. De cinéma (exigeant), il est aussi beaucoup question, Philippe Garrel tenant le haut du pavé, et au travers d’une référence que j’ai loupée dans un de ses poèmes, Eustache, sa maman et sa putain nous rejoignent. D’ailleurs, (train pour moi, prise de son d’un tournage pour lui) nous voilà déjà sur le trottoir.
Une belle rencontre, évidemment trop brève. Et tandis que je m’éloigne avec la promesse de nouveaux textes, je songe à ces livres ou films qui retracent une fin de monde, où seule survit encore une poignée d’humains, derniers vestiges d’une espèce plus que menacée. Parmi eux, il se trouve toujours un jeune fou, pas suranné ni poseur pour deux sous, les pieds bien tanqués dans son époque, pour qui la littérature et les arts et la culture en général représentent encore un trésor inestimable, impératif et essentiel.
Et ne me dites pas que c’est de la fiction, qu’ils n’existent que dans mes romans. Je viens d’en rencontrer un !
Lecteur Alias

Lecture et découvertes,
Nous l’avions tous pressenti. Carine Pérals-Pujol est un personnage d’exception. Pétrie de sensations, imprégnée de références, elle pense, construit, rebondit sur des analogies et des références dont bien souvent, elle est la seule à posséder les clés.
Le problème de Carine c’est qu’elle est, à mes yeux, victime de son talent.
Très jeune, elle offre l’étrange portrait d’une personne armée et vulnérable tout à la fois. Quelques années de plus, si elle ne se retranche pas dans son moi qu’elle isole volontiers du monde extérieur, nous assisterons à la naissance d’un écrivain-philosophe avec lequel il faudra compter.
Lecteur F

Ce lundi 8 février
CDL, représenté par Lecteur P et Lecteur I, rencontrait Thierry Fraisse, auteur du superbe "Mémoires Polaroïdes".
Au café le B..., cinquante personnes en train d'écrire ou de lire : lequel est notre auteur ? Le portable de Lecteur P déclenche une sonnerie tonitruante. Thierry se lève, imposant, barbe de trois jours, visage poupin aux expressions ralenties.
Il est heureux de nous rencontrer. Nous le félicitons "les vraies écritures sont rares" et attaquons une analyse de texte de 90 minutes.
Tout y passe, titre, clichés, phrases toutes faites, métaphores audacieuses, nombreuses métonymies, contractions poétiques, chutes des chapitres, transitions, suppressions de mots, propositions de réécriture, changement de fin... et Thierry s'intéresse à tout ce que nous pointons ou proposons. Nos critiques sont audibles car nous avons vraiment lu. Nos critiques sont possibles car la qualité du texte est évidente, elles mettent en valeur nos compliments sur la poésie et les inventions langagières.
Le duo Lecteur P/Lecteur I fonctionne bien. Thierry voit "ce vieux texte" d'un oeil neuf et se redécouvre l'énergie de le retravailler. Il n'avait jamais pensé le publier, mais il se sent en paix avec cette tranche de vie ("tout est vrai") car il l'a adoptée/apprivoisée par l'écriture. Il souhaite nous représenter bientôt le manuscrit remanié.
On se dit donc à bientôt.
Lecteur I

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