Terres des Oublis
de Duong Thu
Huong
Duong
Thu Huong écrit comme on martèle avec
humanité
un désaccord profond. Les héros qui ont vaincu
les Américains reviennent au
village couverts de médailles et estropiés. Ils
réclament leur femme, leur
maison, ils ont sauvé
leur pays, ils se
payent. C’est normal. Le comité
populaire approuve
C’est
au Vietnam dans un village il n’y a pas si
longtemps : hier !
Duong Thu Huong
raconte à qui veut l’écouter en plus de
la lire que le
régime communiste vietnamien actuel
est
une monstruosité :
qu’on tue
les
paysans et qu’on les enterre un plant de bambou dans
l’oreille pour que
personne ne les retrouve ? .
Duong Thu Huong
raconte avec un talent qui fait oublier l’horreur,
une histoire
à trois qui se cheville à
nos tripes. L’histoire de l’ancien combattant, de
la femme et de son nouveau
bien-aimé et mari.
Le combattant s’en revient après des
années de la guerre l’haleine fétide
dans
son misérable village. Il demande à
récupérer sa femme heureuse de son
remariage légal puisque Bon avait
été passé pour mort. Elle accepte
renonce à son mari qu’elle aime à leur
maison à son fils Sacrifice
social dans
une société où les murs ont
d’oreilles où votre frère demain peut
vous fusiller
si vous êtes dénoncé comme
traître au pays :
Comment vit-on avec un mort, fait-on l’amour avec lui, comment renonce-t-on
à la vie ou pas
justement! Comment
ne renonce- t-on
pas ? Car ce roman est la lutte juste de cette femme et nouvel
époux pour
que l’amour l’emporte sur les honneurs, la
bêtise et la cruauté.
Le
Vietnam des villages est justement opposés aux
villes : le travail, la nuit, le jour, le jardin, le paysage, le bain, la cuisine, la
fête acquièrent sous
la plume de cette femme une qualité de
vérité qui nous donne l’impression
d’y être
sans mièvrerie ni exotisme.
L’auteur du
Soleil aveugle (le régime communiste) transcende
et propose une histoire
palpitante qui nous dit beaucoup du Vietnam
d’aujourd’hui. Un élan et une
écriture qui nous met dans le courant de la conscience de
tous les personnages
et qui en donnant à chacun un droit de parole, les justifie,
nous introduisant
de fait au cœur de la complexité des choses
où les catégories du bien et du mal
n’ont pas lieu d’être,
s’avèrent obsolètes pour penser ce drame.
Pour penser les drames.