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Rubrique Critique de textes
EXTRÊMEMENT FORT INCROYABLEMENT PRÈS (2005)
De Jonhatan Safran Foer

Les mots et les personnages de JSF s’impriment durablement.

Une puissance d’écriture :
-Créativité psychotique débordante du gamin qui a perdu son père dans l’attentat et se raccroche à chaque trace ou personne (elles s’appellent toutes BLACK) qui pourraient le garder en contact avec cet homme énigmatique.
-Incroyable attitude de reprendre chaque mot et chaque expression des adultes pour en comprendre le sens et débusquer ce qu’elles contiennent de convenu, l’effet est fascinant.
-Mystère de cette clé qui pourrait ouvrir toutes les serrures de New York. On repense au personnage de « Le bizzare incident du chien pendant la nuit » de Mark Haddon.
- Puissance d’un imaginaire qui ne s’embarrasse pas de perdre des lecteurs en route, sûr de retrouver les plus tenaces 50 pages plus loin.
-Une étonnante variété de formes et de techniques de dialogues
-La fin est très poignante avec cette remontée du temps textuelle et photographique animée…
- Très belle liberté de maquette avec de nombreuses pages blanches ne contenant qu’un seul mot.

Des personnages énigmatiques et fascinants :

-Très belle relation d’un père qui raconte des histoires dingues à son fils.
- Etonnante présence d’une mère faussement absente qui permet à l’enfant de découvrir sa vérité.
- Formidable grand-mère qui communique par talkie-walkie depuis l’immeuble d’en face.
- Incroyable grand-père qui n’envoie que des enveloppes vides à son fils et finit par remplir le cercueil de son fils mort dans l’effondrement des tours, avec toutes ces lettres jamais envoyées.
-P316 à 327, très poignante description de la naissance des sentiments.
-La disparition soudaine du grand-père et sa poignante réapparition 40 ans plus tard le lendemain de la chute des tours.
-La lettre de Stephen Hauwking adressée au gamin (ce grand physicien paralysé qui parle à l’aide d’un ordinateur) est particulièrement touchante.

Des visions formidables :
- Central Parc couvert d’enfants allongés, qui fut tiré comme un tapis en une nuit du 6ème district au 5ème de Manhattan.
-Le 6ème district qui se détache et part à la dérive sur la planète.

Des travers aussi :
- Il est souvent difficile de comprendre qui parle.
- Il faut subir une longeur interminable de 35 pages.
-On pourrait se passer des dizaines de photos sans intérêt (redondantes du texte)

A lire donc. Je propose le label CDL
Lecteur I 19 XI2007
CDL