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Les écrivains parlent des Editeurs
En résistance
Par Aziz Chouaki auteur, dramaturge, musicien.
Pour publier aujourd’hui, il faut « correspondre ».  La littérature est ainsi normé qu’elle doit s’indexer à l’onction cathodique suprême. Tout est spectacle, nous dit on, place doit être faite à l’intronisation du moi comme sujet de fiction, la confession publique devenant l’unique art majeur.
La psychologie domestique est ce qui se convoite le plus dans les milieux éditoriaux,  dans le sens du poil (c’est le cas de le dire) les terminaisons virtuelles s’arriment ensuite (Mireille Dumas, et toutes les rubriques ‘bouquins’ des plateaux de télé). C’est l’incontournable incroyable-récit-de-ce-qui-vous-est-arrivé : inceste, viol de quinze grands mères, serial killer tout frais sorti de prison, ex otage, ex anorexique, etc. ).
A partir de là, dur d’insinuer, de lover dans un quelconque interstice des germes de pure fiction, extrêmement médiats, loin de tout foin d’urgence existentielle. C’est à parfois se demander si même la locution: ‘il était une fois’, convention de toutes les magies du récit, matrice universelle de la structure mentale, n’est pas appelé à disparaître, sous le jugement de Steevy et consorts.
Heureusement, la littérature est résistance, n’est que résistance, il faut ourdir d’implacables nouveaux stratagèmes, subvertir la donne avec les mêmes moyens que l’oppression, c’est à dire injecter de la cathode dans l’encre du jour, non seulement faire avec, mais jouer l’hyper texte, explorer les us du système pour mieux faire entendre  du salut à tout bon entendeur.
Mais… ce n’est pas du tout gagné.

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